Après une confortable nuit dans notre palace 5 étoiles, nous nous réveillons vers 9h, frais et dispos pour une nouvelle journée de marche. Enfin... pas trop frais en vérité. Dormir dans des
duvets en plein été, ça tient chaud... et nous avons fini dans la nuit nos réserves d'eau. Nous sommes donc quelque peu inquiets quand à nos capacités de survie loin de toute civilisation (en
exagérant un peu), pour une journée de marche sous un soleil de plomb (et oui, même en Suède...). Le temps de remballer nos affaires, de passer un coup de balai dans la cabine (oui :c'était un
palace 5 étoiles sans personnel d'entretien), de laisser un petit mot dans le livre d'or, et de jeter un coup d'oeil à la carte, et nous revoilà partis sur la Höga Kusten Leden. Nous avons fait
plus de 2/3 du chemin hier, nous pouvons donc nous permettre de flâner un peu en cours de route.
Une demi-heure plus tard, nous tombons sur un petit ruisseau (?) qui traverse le chemin. Nous en profitons pour remplir nos bouteilles d'une eau fraîche et claire, avant de continuer notre
parcours... Alors oui je vous vois venir : boire de l'eau de ruisseau c'est pas très prudent... Mais entre "avoir la ch**sse pendant 2 jours" et "mourir déshydratés", nous avons fait le choix de
vivre (et nous avons bien fait : l'eau s'est révélée être tout à fait potable).
Après environ une heure de marche, nous voici arrivés sur une petite plage bien sympathique. Wenjun, qui connaît bien le coin, nous indique que nous avons maintenant le choix : continuer notre
route vers Köpmanholmen, ou faire un détour vers le sommet de la colline la plus proche, pour admirer la vue. Nous avons du temps devant nous, nous choisissons donc de faire le détour. Wenjun
laisse son sac sur la plage ("J'ai déjà vu plein de randonneurs le faire : ça risque rien"), mais Ann-Katrin et moi préférons rester prudents et embarquons nos sacs avec nous.
Nous avons bien fait de faire le détour. En route vers le sommet, nous tombons sur un petit lac absolument magnifique. Eau claire et calme, reflétant comme un miroir la forêt qui l'entoure... ça
donne envie de se baigner ! Et beh c'est c'qu'on fait...pardi !
L'eau est un peu fraîche (sans blague), mais nous permet au moins de nous décrasser (après les quelques heures de marche de la veille, c'était pas du luxe)... Nous voilà prêt à affronter une
grosse heure de montée perpétuelle vers le sommet de la colline du coin, passant de la fôret verdoyante à la roche nue, la côte ayant été ravagée par un incendie 2 ans auparavant. Ca grimpe, mais
c'est beau : chaque plateau nous permet d'admirer la vue sur la mer et les îles toutes proches.
Et après 1 heure de marche nous y voici : le sommet. Et c'est beau. Très beau. Nous sommes fiers de nous (surtout Ann-Katrin et moi, qui sommes montés avec les sacs à dos) et nous arrêtons près
d'une heure pour reprendre notre souffle, casser la croûte (heureusement qu'il y en a 2 qui ont pensé à prendre les sacs à dos, hein Wenjun ?), et faire quelques photos.
Mais bon voilà, nous avons un bateau à prendre en fin d'après-midi... Il nous faut repartir. "Hey ! Si, au lieu de faire demi-tour, on descendait 'simplement' la colline côté mer ? Ensuite on
n'aurait plus qu'à longer la côte pour revenir à la plage, et reprendre la route là où nous nous étions arrêtés". L'idée d'Ann-Katrin est séduisante (bien qu'un peu "périlleuse") puisqu'elle nous
permet de rejoindre notre point de départ sans impression de déjà-vu. Seulement voilà : ce "chemin" là n'est pas balisé ni aménagé. Il nous faudra donc crapahuter entre les rocher, rechercher les
chemins les plus sûrs (ça serait bête de mourir dans un éboulement), et, arrivés sur la côte, sauter de rocher en rocher, voire marcher dans l'eau lorsqu'une falaise nous bloque la route. De loin
le passage le plus sportif de tout notre parcours, sous un Soleil au zénith, et rapidement...sans eau à nouveau (malgré nos efforts pour en boire le moins possible).
Après 2 heures de crapahutage, nous revoici à la plage. Nous avons perdu beaucoup de temps, et nous n'avons plus que deux heures pour rejoindre Köpmanholmen. Wenjun : "ne vous inquiétez pas,
c'est tout proche... regardez la carte :compte tenu du temps qu'on a mis pour faire tout le chemin jusqu'ici, je dirais qu'on a juste besoin d'une petite heure de plus". Fausse joie : la distance
à vol d'oiseau est peut-être minime, mais il ne faut pas oublier le relief (pourtant indiqué sur la carte !) dans nos considérations. Nous comprenons rapidement que nous allons avoir du mal à
rejoindre le ferry dans les temps. Le portion de route final est donc très rythmé (on garde la cadence, que ça monte ou que ça descende) et sans pause. Une première moitié dans la fôret, la
deuxième à suivre une route de campagne similaire à celle qui nous a conduite a Sandlagan.
Les paysages sont toujours aussi magnifiques, mais bizarrement nous n'avons plus trop le coeur à les apprécier. Une seule chose importe dorénavant :rejoindre le port le plus vite possible. Nous
recevons un appel d'Eszter:"J'ai pris le bus jusqu'à Köpmanholmen. Ce soir je prends le bateau et je passe la nuit avec vous sur l'île. J'ai amené des vivres. Vous arrivez bientôt ?". Oh oui: une
demi heure tout au plus. Une heure plus tard: "Oui allô c'est encore Eszter: vous faites quoi là ? le ferry vient d'arriver, j'ai pris les tickets...mais le capitaine voudrait bien quitter le
port". Panique à bord, le ferry s'apprête à partir sans nous. Nous ne sommes pas loin du port, mais en continuant à notre rythme, nous n'arriverons jamais à temps. On a pas fait tout ça pour rien
! Moment de folie désespérée : nous nous mettons à courir. Aussi vite que possible, aussi loin que nos jambes peuvent encore nous porter. Eszter réussit à convaincre le capitaine du ferry de nous
accorder quelques minutes de plus...
C'est dur, très dur... mais nous arrivons à l'exact moment où le chef d'équipage s'apprête à retirer le ponton d'accès à bord. Tous en coeur, nous hurlons STOOOOOOOP à qui veut l'entendre. OUF !
C'était moins une. (C'était il y a deux semaines mais en l'écrivant je le revis tout aussi intensément
)
C'est bon, c'est fait. Nous avons maintenant 40 minutes pour nous ressaisir, boire l'eau amenée par Eszter (merciiiiiiiiiii), et nous raffraîchir sur le pont. Tous ces efforts en valaient la
chandelle : nous voici sur Trsysunda et.... c'est MAGNIFIIIIIQUE !
Un dernier effort : un petit kilomètre à travers bois pour rejoindre la plage où nous passons la nuit. Eszter : "c'est encore loin ?". Haha : après cette journée intense, pour nous cette petite
balade en fôret c'est peanuts...mais notre hongroise préférée n'est pas aussi entraînée que nous !
Et nous y voici ! La plage, le soleil, le bruit des vagues... le paradis des randonneurs fourbus. Nous bénéficions en sus d'une grande cabane où faire du feu, et de toilettes à quelques mètres de
là. Le grand confort quoi! Enfin... cette fois ci nous n'avons pas de lits confortables, il nous faut donc monter la tente. Wenjun : "les femmes font la bouffe, les hommes procurent le toit...
c'est toi qui monte la tente Nicolas!". Heureusement, c'était pas trop difficile...
La tente est montée, le feu est allumé, et là...
Juste le temps de jeter les tapis de sols et les duvets dans la tente (imperméable, Dieu merci), de mettre le reste à couvert dans l'abri en bois, et GROSSE AVERSE ! Ca tombe fort, mais pas
longtemps. De toutes façons, à l'heure qu'il est, nous n'avons pas envie de batifoler sur le sable, mais plutôt de casser la croûte !
La fatigue commence à se faire sentir. La pluie s'est arrêtée : il est temps de rejoindre la tente et de DORMIR ! La nuit sera mouvementée (surtout pour moi), mais ça, c'est une autre histoire...
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PS : à tous ceux qui trouvent que j'en fait des tonnes avec les "c'est trop beau", "c'est magnifiques", et autres remarques contemplatives... sachez que les photos ne rendent pas le dixième de la
véritable beauté (voilà, j'en rajoute une couche) des paysages que nous avons traversés...